Prise en compte de la démarche H.Q.E. et du développement durable
Dans le cadre de la Haute Qualité Environnementale, la démarche engagée par notre Agence il y a quelques années, a été de privilégier et de stimuler l’auto formation afin de permettre une plus grande réactivité et une utilisation raisonnée du développement durable.
En tant que simple citoyens, nous avons pris conscience de la nécessité du respect des générations futures.
De plus, en tant que responsable d'un groupe dont le métier est de concevoir et construire le cadre de vie, nous avons fait et faisons partager notre implication et notre détermination à nos collaborateurs..
Au sein de notre agence, nous avons mis en place une démarche basée sur la pratique, démarche que nous continuons d'approfondir et de perfectionner aujourd'hui :
• utilisation régulière de nombreuses publications sur le sujet :
- “L’Architecture écologique“ de Dominique GAUGIN-MÜLLER
- le numéro spécial H.Q.E. de la revue A&E
- les deux documents H.Q.E. publiés par E.D.F.
- le guide ADEME / Conseil Régional sur “la qualité environnementale du cadre de vie bâti“
- les articles sur les “Passiv Haus“
• visite de bâtiments H.Q.E. et de maisons passives (Alsace, Allemagne, Europe du nord, Voralberg, Budapest, …)
• collaboration accrue et échanges constructifs avec nos Bureaux d'études co-traitants afin de rester réactifs entre avancées technologiques et rationalité des solutions proposées.
Le développement durable devient, depuis un certain nombre d’années, un atout pour l’avenir, en constituant l’axe majeur de l’évolution internationale.
Cette démarche écologique dégage de nouvelles perspectives et offre un important potentiel d’innovation.
Les maîtres d'ouvrage publics l’ont compris et organisent leurs projets à travers cet élan dynamique, désormais également synonyme de compétitivité et de performance.
Dans cette même perspective, le domaine de l’architecture profite de cette dynamique et relève le défi de la démarche environnementale.
Au-delà de nouvelles contraintes, cette démarche nous permet de veiller à la cohérence générale du projet en matières d’exigences qualitatives ayant un impact sur la qualité environnementale, tant au niveau de la réalisation de l’ouvrage qu’au niveau de sa maintenance.
Autant de raisons pour repenser l'art de bâtir et appliquer l'acquis des différentes approches et exigences, sur nos projets et nos chantiers ; ainsi l’ensemble de nos projets récents intègre, à différents niveaux, la préoccupation Haute Qualité Environnementale et le développement durable :
• Par exemple, le projet de restructuration du Bâtiment de l’Automobile du C.F.A. de Haute-Saône, livré début 2004, a intégré en partie un grand nombre de cibles H.Q.E. :
* cible 1 : étude préalable sur l'ensemble du site en tenant compte de la topographie (liaisons piétonnes, accès véhicules, parkings, aspect paysager)
intégration de la source de bruit extérieur (essais des moteurs parcs et jardins) dans le bâtiment restructuré, avec ventilation et isolation acoustique
* cible 8 : confort d'été : augmentation des ouvrants, brise-soleil pour les salles sud-est et sud-ouest, remplacement de l'isolation extérieure
* cible 9 : correction acoustique entre Carrosserie et Ateliers par bardage perforé + feutre acoustique, des salles cours, en plafonds par dalles perforées + isolation
• Pour le projet de la MAISON DES MICROTECHNIQUES (TEMIS INNOVATION), la démarche H.Q.E. relativement complète utilisée, a permis de mettre en œuvre de nombreuses solutions techniques répondant aux exigences écologiques , tant au niveau de la réalisation que de l'exploitation de l'ouvrage.
* cible 2 : choix de matériaux ne demandant pas d'entretien particulier : terre cuite, bois traité, bardage aluminium
* cible 3 : le chantier a fait l'objet d'une organisation et d'une planification permettant de réduire les nuisances en terme de déchets, de sécurité, vis à vis du voisinage, et de bruit en particulier
* cible 4 : isolation par l'extérieur pour traitement des ponts thermiques, vitrage thermique avec faible émissivité et remplissage d'argon centrale double flux avec récupération à haut rendement, puits canadien en souterrain pour rafraîchissement en été et réchauffement en hiver de l'air introduit dans le bâtiment
* cible 5 : gestion des eaux pluviales par stockage temporaire et évacuation par pompe de relevage avec rejet différé et régulé au réseau (en relation avec le service des eaux de la Ville de Besançon)
* cible 7 : gestion de l'entretien et de la maintenance
Le bâtiment a fait l'objet d'une étude thermique dynamique permettant d'évaluer l'évolution de la température en fonction des conditions climatiques, notamment en été. Sa conception lui assure une forte inertie ; associée à la mise en oeuvre de vitrages performants, de brise-soleil et à un puits canadien, elle permet de limiter les besoins de climatisation aux locaux dans lesquels le process génère des apports et impose le respect d'exigences strictes. Lors de la mise en service du puits, au cours de l'été 2006, il a été constaté une température d'introduction de l'air plus faible de 4 à 5° que l'air ambiant.
• De même, nous travaillons actuellement sur 2 Foyers ADAPEI de Baume les Dames et de Montbéliard pour personnes handicapées, avec HABITAT 25, pour lesquels nous avons été lauréats.
Nous sommes en cours de validation de décision du maître d'ouvrage sur les propositions d'améliorations techniques étudiées :
* production d'énergie à 85% nécessaire au chauffage, à la ventilation, à l'eau chaude sanitaire par chaufferie bois plaquettes forestières
* eau chaude sanitaire solaire par panneaux solaires en toiture couplés à un ballon de stockage primaire désolidarisé du circuit d'eau chaude par un échangeur à plaques (non prolifération de la légionellose)
* puits canadien en préchauffage (en hiver) et refroidissement (en été) de l'air introduit dans les grands volumes (salle à manger et salles modulables)
* rafraîchissement par groupe de production d'eau glacée à absorption sur chaudière bois, avec transfert de chaleur entre les phases gazeuses et liquides
* récupération des eaux de pluie dans cuves pour arrosage et utilisation dans les réservoirs de toilettes
La démarche H.Q.E. a suscité pour nous, une nouvelle conception de l’espace et du rapport du bâtiment à son environnement ; notre mission d’architecte est une mission de synthèse qui doit :
- utiliser de manière raisonnée et pratique, des principes traditionnels et innovations technologiques ayant fait leurs preuves,
- mettre en commun compétences et informations afin d’obtenir un résultat convaincant par la qualité de son architecture et l’intelligence des mesures écologiques retenues.
Démarche H.Q.E. et respect de l'enveloppe prévisionnelle
La prise en compte du développement durable nous a conduit à retenir son application à l'architecture du point de vue : -environnemental – technique – économique
Concernant le volet économique, certaines options bioclimatiques que nous proposons, très en amont du projet, n'entraînent pas de surcoût ; les données du site guident le choix de l'implantation du bâtiment, des orientations des ouvertures, afin de tenir compte des paramètres existants : relief, vents dominants, ensoleillement passif
De même, l'isolation thermique par l'extérieur supprime les ponts thermiques en hiver et préserve l'inertie de la paroi, mais n'est pas génératrice de supplément.
D'autres options sont à étudier sur la base du long terme ; pour répondre à la demande des maîtres d'ouvrage, nous leur transmettons des propositions chiffrées (- coûts d'investissement des systèmes de chauffage faisant appel à des énergies renouvelables, à comparer avec un coût d'investissement de système de base, par exemple gaz naturel - coût annuel de fonctionnement pour chacun de ces systèmes) afin qu'ils soient en mesure de décider en terme de coût global (panneaux solaires, puits canadien avec échangeur de chaleur, éolienne, stockage et réutilisation de l'eau de pluie pour arrosage et w.c.)
Notre gestion du coût prévisionnel d'une opération se fait donc pendant les études et tout au long du chantier par :
- la précision de la prescription du projet par rapport aux objectifs contractuels, réglementaires et architecturaux
- le contrôle estimatif à chaque phase du projet d'études par une évaluation quantitative et qualitative
- la rigueur du dossier technique
- la vérification tout au long du chantier de l'état de la comptabilité de chantier et des avenants en fonction des objectifs (élément encore plus nécessaire dans le cas du travail dans l'existant) des fiches navettes sont établies au fur et à mesure du chantier ainsi que des tableaux récapitulatifs remis à jour tous les mois.
Avec le recul que nous commençons à avoir sur le sujet, nous souhaitons reprendre les termes de J.P. OLIVA, éco-consultant, qui note que " l'approche bioclimatique doit viser à réaliser des constructions équilibrées sans rechercher des performances exceptionnelles sur tel ou tel aspect au détriment de tous les autres."
En conclusion, notre méthodologie pourrait se résumer aux quatre grands principes suivants :
par l'analyse rationnelle du programme
par le contrôle permanent :
par le souci de l'insertion dans le site et de la qualité environnementale